Appel à manifester le 2 octobre 2026

Contre l’austérité – Contre la militarisation – Pour le climat et la justice climatique

L’austérité, la militarisation et la destruction du vivant découlent d’un même système économique et politique qui depuis de trop nombreuses années monopolise les richesses, met les peuples en concurrence et exploite tant les humains que la planète. Ce ne sont pas des crises indépendantes, mais trois expressions d’une même logique de domination au service des intérêts d’une minorité. En 2026, comme depuis des années, nous, travailleureusexs, étudiantexs, personnes précarisées, subissons des attaques constantes contre nos droits sociaux.

L’austérité s’inscrit dans une logique néolibérale active depuis les années 1970 dans le monde et en Suisse, détruisant les acquis sociaux gagnés de haute lutte face aux classes dominantes. À l’inverse, on investit massivement dans la militarisation et les grandes entreprises bénéficient de cadeaux fiscaux indécents. Le néoliberalisme est une forme de capitalisme particulièrement débridée, mais c’est bien le capitalisme lui-même, dévastateur, extractiviste et aliénant, le problème.

Nous nous opposons frontalement aux logiques austéritaires et à tous les programmes austéritaires présents et futurs. Nous voulons un renforcement des services publics financés par un impôt progressif ciblant en priorité les grandes fortunes. Nous voulons l’amélioration des conditions de travail dans les secteurs public, parapublic et privé. Plus généralement, nous nous opposons à un système capitaliste prédateur des humainexs comme des non-humainexs, renforçant des dynamiques d’oppressions structurelles, qu’elles soient patriarcales, racistes ou validistes. Nous voulons une société débarrassée des logiques de profit et d’exploitation, une société de chacunex selon ses moyens, à chacunex selon ses besoins.

L’austérité s’inscrit dans une offensive plus large, capitaliste, réactionnaire, fascisante et impérialiste, visant à préserver un ordre économique inégalitaire. La Suisse, comme de nombreux autres pays et sous la pression de la droite et de l’extrême-droite nationales, déploie une militarisation massive, particulièrement onéreuse, particulièrement grave et dangereuse. Alors que l’éducation, la culture, l’écologie et les services publics subissent des coupes drastiques, les chambres fédérales font passer de nombreuses mesures pour renforcer le pouvoir de l’armée, avec entre autres, l’augmentation de la TVA, un impôt particulièrement injuste. Ce ne sont pas des contraintes budgétaires mais des choix politiques. Ces mesures servent avant tout à renforcer l’industrie suisse et internationale de l’armement. On investit dans des entreprises qui exportent la mort à l’international et on achète à des entreprises de l’armement jouant un rôle clé dans le génocide en Palestine. De tous les bords, on retrouve un nationalisme exacerbé, dont l’armée est un des moteurs, créant un sentiment national, renforçant la défiance envers l’extérieur. Les guerres détruisent des territoires, accélèrent les émissions de gaz à effet de serre et détournent des ressources immenses qui devraient être consacrées à répondre aux urgences sociales et écologiques. Par conséquent, nous nous opposons à toute logique militariste, à toute augmentation du budget de l’armée, à tout achat dans des entreprises d’armement. Nous nous opposons également à une logique de militarisation des frontières, de répression des classes les plus précaires et de répression des mouvements sociaux. Nous voulons que la Confédération coupe tous ses ponts avec ces entreprises et appelle à leur démantèlement, autant en Suisse qu’à l’étranger. Nous appelons toutes les forces sociales et écologistes  conséquentes à réaffirmer leur internationalisme et leur antimilitarisme. Nous sommes contre les frontières et contre toute séparation artificielle entre travailleureusexs et peuples du monde entier. Nous rejetons les logiques nationalistes, qui poussent à la guerre et légitiment l’exploitation au service des classes dominantes.

Les logiques d’exploitation et de domination ne s’arrêtent pas aux frontières. Elles touchent aussi les peuples les plus exposés aux conséquences du changement climatique. Le même système qui pousse à la guerre organise aussi le pillage des ressources naturelles et l’aggravation de la crise climatique. Le réchauffement climatique, bien que n’épargnant personne, touche en priorité les populations les plus précaires, autant à l’échelle nationale qu’internationale. Affaiblir les services publics, c’est s’attaquer encore plus violemment à celleux qui sont en première ligne. Ce sont les ouvrierèrexs, les personnes institutionnalisées, âgées, à la rue, en prison, handicapées. Les moyens existent. Mais ils sont aujourd’hui orientés vers les profits privés et la militarisation plutôt que vers les besoins de la population. C’est pourquoi nous voulons des services publics renforcés, qui répondent aussi aux conséquences déjà dévastatrices du changement climatique. Conséquences encore une fois visibles durant cet été suffocant. Mais s’adapter à ces conséquences ne suffit pas, il s’agit aussi de s’attaquer à la racine du problème, à l’extractivisme et à la recherche criminelle du profit. L’austérité est voulue par les entreprises les plus écocidaires et leurs suppôts sous la coupole. L’austérité, le démantèlement des services publics, de la recherche et des contre-pouvoirs leur profite. Nous voulons un soutien public à la recherche, massif, pour qu’elle s’axe aussi autour de la lutte contre le changement climatique et à son adaptation, de manière vraiment indépendante. Les services publics ont aussi besoin de financement pour pouvoir avoir une transition radicale vers un modèle plus vertueux et soutenable, tout comme l’ensemble de la société. Nous voulons une planification écologique vraiment démocratique, un développement massif et un large subventionnement des transports publics, une transformation radicale du parc immobilier avec non seulement une rénovation complète des passoires thermiques mais aussi un habitat repensé de manière collective, à l’abri des lobbies immobiliers qui gonflent artificiellement les loyers ainsi que la sortie des énergies fossiles et de toute logique destructrice du vivant.

Parce que ces trois crises procèdent d’une même logique, elles appellent une réponse commune. Face à l’austérité, à la militarisation et à la catastrophe climatique, nous opposons la solidarité, la justice sociale, l’internationalisme et la défense du vivant. Nous refusons que les classes populaires paient pour des crises créées par un système qui privilégie les profits d’une minorité. Nous voulons sortir des logiques marchandes et de domination qui sous-tendent notre monde actuel. Nous voulons une société fondée sur l’égalité, l’autodétermination des peuples et le respect des limites planétaires.

Manifestation: 2 octobre 2026, Neuchâtel

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