La Grève du Climat s’appuie fréquemment sur la science, notamment les rapports du GIEC. Mais qu’est-ce que ça recouvre concrètement, et est-ce que tous les “mouvements climat” qui se réfèrent à la science la mobilisent de la même manière? Un article publié en décembre 2025 y répond en partie. Nous reproduisons le résumé ci-dessous. L’article est disponible gratuitement en ligne sur le site de la revue, et on en a fait une version brochure téléchargeable en cliquant ici. La référence de l’article:
Robin Augsburger, « “Écouter la science” – Contre-expertise, éducation populaire et changement de système à la Grève du Climat », RED, revue pluridisciplinaire d’éducation par et pour les doctorant·es no 4, pp. 78-93, 2025
Les mouvements climat appellent à “écouter la science” et valorisent fortement les savoirs scientifiques. Les liens entre ces mouvements et la science, encore relativement peu étudiés, varient cependant d’un pays et d’un mouvement à l’autre. Pour préciser ces liens à la science et documenter le mouvement en Suisse, cet article s’appuie sur une enquête ethnographique au sein de la Grève du Climat – Suisse, membre de Fridays for Future. Il montre que contrairement à d’autres composantes des mouvements climat, la Grève du Climat produit des (contre-)expertises et assume clairement un positionnement politique et une revendication de changement de système. Ces expertises s’inscrivent dans un discours et un projet de rupture avec l’ordre établi, tout en mobilisant la science déjà existante (notamment les publications du GIEC) et des connaissances reconnues voire produites par les autorités. Tout en rejetant les logiques des “systèmes experts”, le mouvement produit des expertises qui s’inscrivent dans un registre analogue à celui des expertises dominantes. Celles-ci sont produites et diffusées au sein et en marge de la Grève du Climat par des activités relevant de l’“éducation populaire politique”, et sont portées collectivement par le mouvement qui revêt lui-même le rôle d’expert.
