Plan climat neuchâtelois: ça avance… un peu

23 janvier 2023 – Le Grand Conseil se prononcera ce mardi 24 janvier sur le plan climat neuchâtelois. Malgré des amendements plus que bienvenus de la commission Climat et Énergie, la Grève du Climat alerte sur son manque d’ambition et de moyens.

Il y a quelques mois, la Grève du Climat déplorait – avec une majorité des partis représentés au Grand Conseil et d’autres organisations écologistes – le manque d’ambition du Conseil d’État concernant son plan climat.
Il y a quelques jours, la commission Climat et Énergie du parlement cantonal a décidé d’amender la proposition du gouvernement pour renforcer les objectifs: la neutralité carbone serait visée à l’horizon 2040 plutôt que 2050.
Une bonne nouvelle? C’est en tout cas mieux que la mouture du Conseil d’État. Mais… des problèmes subsistent.

Premièrement, les objectifs sont insuffisants. En 2018, le GIEC estimait que pour avoir ⅔ chances de limiter le réchauffement global à 1,5 oC, il fallait que les pays riches, dont la Suisse, atteignent la neutralité carbone d’ici 2030, et que le monde entier l’atteigne d’ici 2050, avec réductions conséquentes immédiates.
En 2022, le GIEC estimait que le pic de consommation énergétique mondial devait arriver dans les 3 ans pour avoir ½ chance de limiter le réchauffement global à 1,5 oC.
Ce plan climat, même amendé par la commission compétente, reste largement en deçà.
Cela reste mieux que ce que veut le gouvernement, mais les ambitions sont insuffisantes.


Ensuite, les moyens sont insuffisants.
Durant la phase de consultation pour le plan climat, la Grève du Climat a relevé que, bien que les propositions ne contiennent pas vraiment de mesures allant dans la mauvaise direction… elles ne contiennent pas non plus de mesures vraiment efficaces.
L’enveloppe budgétaire prévue est ridiculement basse. Même avec les amendements de la commission, les moyens envisagés sont largement insuffisants. Sans compter que le plan climat contient très, très peu de mesures contraignantes.
Fixer des objectifs, c’est bien, mais c’est inutile s’il n’y a pas de ressources pour les atteindre.

Et notre motion populaire?
En 2019, suite à une motion populaire de la Grève du Climat, le Grand Conseil enjoignait le Conseil d’État de proposer des mesures pour atteindre la neutralité carbone d’ici 2030 et de mettre en place des outils démocratiques novateurs pour évaluer les mesures.
Le gouvernement a répondu hors délais, et a demandé le classement de la motion (c’est-à-dire son abandon pur et simple), sans proposer de mesures.
Alors que le Conseil d’État n’a pas répondu à la double volonté populaire et du parlement, la commission accepte le classement. À quoi bon utiliser les outils institutionnels si les autorités ne respectent pas la loi?

Pour la Grève du Climat, il faut renforcer ce plan climat, encourager la commission, les partis, les élu·es à mettre en place des mesures adaptées à l’urgence. Mais il ne faut pas se limiter à l’action institutionnelle. Si la Grève du Climat est critique face aux renoncements des élu·es, nous savons que les contraintes institutionnelles ne permettent pas le changement de système nécessaire. Nous devons continuer et renforcer nos manifestations, occupations, ZAD, grèves (avec la Grève pour l’Avenir par exemple), assemblées populaires, coopératives, magasins gratuits, jardins collectifs… C’est-à-dire à la fois renforcer notre résistance face au système en place et créer nous-mêmes le monde que nous voulons.

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