Environnement: à quoi joue le Conseil d’État?

17.03.2022 – Le gouvernement neuchâtelois ignore ses obligations en matière environnementale, parfois au mépris du droit. La Grève du Climat déplore la situation, et appelle à s’organiser en-dehors des institutions officielles. Une critical mass aura lieu le 25 mars à Neuchâtel, et une mobilisation pour la baisse du temps de travail prendra place le 9 avril.

Alors que le GIEC, groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat, nous alerte encore une fois avec son dernier rapport et appelle à des actions conséquentes et rapides, le Conseil d’État neuchâtelois s’entête à défendre et même promouvoir des projets catastrophiques pour notre environnement commun, au mépris de sa responsabilité morale et de ses obligations légales. Quartier industriel à la Tène
Alors que la presse relevait récemment que les terres agricoles neuchâteloise sont en péril, le Conseil d’État défend la destruction de terres agricoles hautement productives à la Tène pour laisser la place à un quartier industriel. La constitution de notre canton prévoit que “la protection et l’assainissement de l’environnement, ainsi que la sauvegarde du paysage et du patrimoine” est une responsabilité de l’État. Détruire des terres agricoles alors que le monde scientifique nous alerte sur la situation préoccupante des sols au niveau mondial est tout simplement irresponsable.

Permis de construire douteux à Montezillon
Malgré les oppositions de 91 habitant·es (levées par le Conseil communal de Rochefort malgré une motion acceptée à l’unanimité par le législatif portant sur la sauvegarde des sources d’eau nécessaires à la biodiversité), le Conseil d’État a accepté, avec force dérogations, un permis de construire pour un projet immobilier à Montezillon. Le projet en question est critiqué sur de nombreux points:

A. Terrain non équipé
B. Dérogation non conforme de la distance minimale à l’axe de la route
C. Source d’eau, milieu naturel et problème géologique
D. Non-respect des normes légales en matière de haies et bosquets naturels protégés
E. Espèces protégées

F. Non-respect de l’exigence de l’habitation individuelle isolée
G. Non-respect des normes légales en matière de longueur des constructions
H. Non-respect des normes légales concernant les niveaux
I. Non-respect des normes légales en matière de toiture
J. Non-respect des normes légales en matière de places de stationnement

Après la passivité des autorités cantonales concernant une décharge illicite aux Verrières – dont la presse a beaucoup parlé, voilà que le gouvernement permet a priori un projet entaché d’irrégularités. Dans cette affaire de décharge, Arcinfo estimait qu’ “en 2020, le dossier ne connaît aucune évolution. Mais, mi-août 2021, après qu’«ArcInfo» a pris contact avec le DDTE, un coup d’accélérateur semble avoir été donné.” Pro Natura pointait chez le DDTE “le manque de volonté de mettre en œuvre, de décider et de sanctionner les actes illicites et non respectueux des lois qui s’accumulent”. Arcinfo relevait également, fin 2021, l’irrégularité du parking du Soliat et celle de la tourbière de Brot, et l’inaction du Conseil d’État pourtant chargé de régulariser ces situations.
La Grève du Climat invite les médias régionaux à jouer, encore une fois, leur rôle de contre-pouvoir et à faire la lumière sur le projet à Montezillon.

Motion populaire
Début 2019, la Grève du Climat déposait une motion populaire munie de plus de mille signatures, demandant notamment la neutralité carbone d’ici 2030. Alors que le Grand Conseil a enjoint le Conseil d’État de proposer des mesures pour y arriver, le gouvernement se contente de demander – hors délais, le classement de cette motion, sans répondre à l’injonction du parlement cantonal. La Grève du Climat s’inquiète des libertés prises par le Conseil d’État vis-à-vis de ses obligations légales, et déplore qu’une motion déposée par des citoyen·nes soit si négligemment balayée.

Prochaines mobilisations
Si nous espérons vivement que le Grand Conseil saura demander à l’exécutif cantonal de mieux respecter ses obligations légales et de prendre enfin au sérieux l’urgence climatique, nous ne nous faisons pas d’illusions. Le changement dont nous avons besoin ne sera pas réalisé par les institutions en place, il nécessitera des mobilisations populaires.

C’est pour cela que la Grève du Climat appelle à relancer la critical mass à Neuchâtel le 25 mars, départ 18h du Musée d’Art et d’Histoire. Nous roulerons à vélo, en groupe, pour incarner et réclamer une politique faisant la part belle à la mobilité douce, et pour incarner et réclamer une mobilité décarbonée – ce qui résonne tristement avec l’actualité, quand on sait la part des hydrocarbures russes consommée chez nous.

La Grève du Climat sera également partie prenante des mobilisations organisées par la Grève pour l’Avenir en vue d’une réduction du temps de travail, le 9 avril, au travers d’une mobilisation près du marché de La Chaux-de-Fonds, puis d’une manifestation à 16h à Neuchâtel.

Nous réitérons notre appel à la population, aux député·es et aux médias d’exiger la lumière sur les activités du Conseil d’État en matière environnementale, et d’exiger des mesures environnementales et climatiques à la hauteur de l’urgence absolue que nous vivons. Nous réitérons notre appel à tout mettre en œuvre pour suivre les recommandations du GIEC, et à prendre les mesures nécessaires afin d’atteindre la neutralité carbone d’ici 2030.

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